Une ONG américaine demande la libération de la journaliste Agnes Uwimana

Version imprimable

Une organisation de défense de la liberté de la presse basée à New York a appelé samedi les autorités rwandaises à "relâcher immédiatement" la journaliste Agnès Uwimana arrêtée jeudi par la police, qui l'accuse notamment d'"outrage au chef de l'Etat". "Nous appelons les autorités à relâcher Agnès Uwimana immédiatement; elle ne devrait pas aller en prison pour avoir exprimé ses vues à un mois de l'élection présidentielle", écrit, dans un communiqué, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Selon le porte-parole de la police, Eric Kayiranga, la directrice du journal privé Umurabyo est également accusée d'"incitation à la désobéissance civile, propagation de rumeurs visant à troubler l'ordre et la tranquillité publics et négation du génocide" des Tutsi de 1994, à travers ses articles. "Une fois encore, les autorités rwandaises invoquent la sécurité nationale et l'héritage du génocide pour faire taire une des quelques voix dissidentes" dans la presse rwandaise, dénonce l'organisation. Selon le CPJ, Umurabyo était devenu le principal titre indépendant au Rwanda après la suspension des journaux Umuseso et Umuvugizi. Le rédacteur en chef adjoint d'Umuvugizi, Jean-Léonard Rugambage, a été tué par balles en juin à l'entrée de son domicile à Kigali. Dans ses derniers numéros, Mme Uwimana avait soulevé des questions sur "des sujets sensibles" comme le meurtre de Rugambage, ou la rupture entre le président Paul Kagame et l'ex-chef d'Etat-major de l'armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa réfugié en Afrique du Sud où il a été blessé par balles le 19 juin, souligne l'organisation . Le Haut conseil des médias (HCM), organe étatique de régulation de la presse, avait adressé plusieurs mises en garde à Mme Uwimana au cours des dernières semaines. La journaliste avait été déjà condamnée à un an de prison ferme par un tribunal rwandais notamment pour "sectarisme" et "diffamation". Elle avait repris la publication de son journal après avoir purgé la totalité de la peine début 2008.